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  • Le Fractal Cyclique en I-Mage

    Le Fractal Cyclique en I-Mage

    📅 Contexte: Date : 8 février 1962 – Lieu : Paris, métro Charonne, boulevard Voltaire.

    Organisation : La CGT, le PCF et d’autres mouvements de gauche appellent à manifester contre l’OAS (une organisation terroriste d’extrême droite qui posait alors des bombes en France et en Algérie) et pour la paix en Algérie.

    La manifestation était autorisée, mais interdite de fait par le préfet Maurice Papon, qui redoutait des troubles.

    🕊️ L’intention initiale : Les manifestants, hommes, femmes, syndicalistes, enseignants, employés, étudiants, voulaient dénoncer la violence de l’OAS, qui avait déjà tué plusieurs civils par attentats.

    Il n’y avait ni volonté d’émeute ni préparation d’affrontement.

    C’était un cortège pacifique, avec des pancartes et des slogans politiques, pas des casseurs ni des armes.

    🩸 Ce qui a dégénéré: La police reçoit l’ordre de disperser la foule par la force avant même que la marche ne commence.

    Des compagnies de CRS et de gardiens de la paix chargent brutalement les cortèges sur le boulevard Voltaire.

    Les manifestants, surpris et acculés, se réfugient dans l’escalier du métro Charonne.

    Là, la police matraque, jette des manifestants dans les escaliers, piétine, et barricade la bouche de métro avec des grilles métalliques.

    Résultat :

    👉 9 morts, dont 8 syndicalistes et une femme.

    👉 Plusieurs dizaines de blessés graves.

    Tous ont été tués par coups, suffocation ou écrasement, non par armes à feu.

    Aucun policier n’a été tué ni grièvement blessé ce jour-là.

    ⚖️ Après-coup : Le gouvernement de l’époque a d’abord minimisé les faits, parlant d’« échauffourées ».

    Mais les autopsies, les photos et les témoignages ont montré une violence policière injustifiable.

    Les funérailles, le 13 février, ont réuni plus d’un demi-million de personnes à Paris, dans un silence absolu.

    C’est devenu un moment-clé de la mémoire ouvrière et antifasciste française.

    💬 En résumé:

    Non, les manifestants n’étaient pas des casseurs.

    Oui, ils ont été violemment réprimés sans justification.

    Et Renaud, dans Hexagone, rappelle cette tache historique pour dénoncer le pouvoir d’État qui frappe ses propres citoyens quand ils défendent des valeurs humaines.

    ⚰️ Charonne, 8 février 1962, chronique d’une tragédie:

    18h00 – Le rendez-vous: Les manifestants commencent à se rassembler autour du boulevard Voltaire, près de la station Charonne, non loin de la place de la République.

    Ils sont plusieurs milliers, souvent en couple, avec des drapeaux, des pancartes :

    “Paix en Algérie ! Stop à l’OAS !”

    Il fait froid, le ciel est bas.

    La tension politique est déjà extrême : depuis des semaines, l’OAS multiplie les attentats à Paris. La peur est dans tous les esprits.

    18h30 – Les ordres : Le préfet Maurice Papon, déjà tristement connu pour son rôle sous Vichy et pour la répression d’octobre 1961, interdit la manifestation, bien que les syndicats l’aient maintenue.

    Il ordonne aux forces de l’ordre de “disperser sans ménagement”.

    Des compagnies de CRS, de gardiens de la paix, et des brigades dites “voltigeurs” (policiers motorisés armés de matraques) sont déployées tout autour du quartier.

    19h00 – Le cortège avance : Les manifestants descendent calmement le boulevard Voltaire.

    Des chants s’élèvent : “Algérie algérienne !”, “L’OAS assassin !”.

    Les passants regardent, certains applaudissent, d’autres ferment leurs volets.

    Les premiers heurts éclatent place Léon-Blum, où la police tente de bloquer le cortège.

    19h15 – La charge : Sans sommation claire, les policiers chargent.

    Matraques levées, coups portés à la tête, cris.

    Des gens tombent, d’autres fuient vers les portes cochères ou les bouches de métro.

    À Charonne, l’escalier devient un piège

    19h20 – L’enfer souterrain : Des dizaines de manifestants se ruent dans l’escalier du métro Charonne pour se protéger.

    Les policiers jettent des grilles métalliques, des plaques d’égout sur eux.

    Certains sont écrasés, d’autres étouffent dans la cohue.

    Une femme, Fanny Dewerpe, 31 ans, est frappée à mort.

    Un homme tente de remonter, un coup de matraque le renvoie en bas.

    Le sol est couvert de sang et de corps inanimés.

    19h30 – Le silence : Quand la charge cesse enfin, les policiers descendent dans le métro.

    Ils trouvent des morts, des blessés graves, des gens à moitié étouffés sous les autres.

    Les pompiers arrivent en retard : on leur a interdit d’intervenir sans autorisation.

    21h00 – Le déni officiel : Les journaux du soir reçoivent un communiqué :

    “Quelques échauffourées ont opposé la police à des manifestants.”

    Mais dans les hôpitaux, on compte les morts : neuf victimes.

    Toutes syndiquées à la CGT.

    Aucune arme retrouvée du côté des manifestants.

    Aucun policier grièvement blessé.

    13 février – Les funérailles : Le cortège funèbre part de la place de la Nation.

    Une mer humaine, plus de 500 000 personnes, dans un silence absolu.

    Les cercueils sont recouverts de drapeaux rouges et tricolores.

    Seul le bruit des pas résonne sur le pavé.

    Un témoin dira : “C’était la seule fois où j’ai vu Paris pleurer.”

    ⚖️ Bilan et mémoire:

    • 9 morts, dont 3 femmes.
    • Tous tués par asphyxie, écrasement ou coups à la tête.
    • Aucun responsable condamné.
    • Maurice Papon poursuivra sa carrière jusqu’aux années 1980.

    Renaud, comme d’autres artistes (Ferrat, Brel, Lavilliers), en fera un symbole :
    non pas seulement de la répression, mais du mensonge d’État et de la mémoire effacée.

    **Et depuis ?

    Petit tour d’horizon des réveils belges:

    ⚔️ 1830 – La Révolution belge: La Belgique naît d’une révolte !

    Tout part d’un opéra à Bruxelles (La Muette de Portici), dont un air enflamme la salle :

    “Amour sacré de la patrie, rends-nous l’audace et la fierté !”

    Le peuple descend dans la rue, chasse les Hollandais, et le royaume indépendant est proclamé.

    Bref : le pays entier est né d’un coup de sang populaire.

    🧱 1886 – Les grandes émeutes ouvrières

    Les mineurs et métallos de Liège et du Borinage se soulèvent contre la misère et les conditions inhumaines.

    L’armée tire : plusieurs dizaines de morts.

    Mais cela mène, à terme, aux premières lois sociales.

    La Belgique découvre sa conscience ouvrière.

    ⚖️ 1893 – La grève générale pour le suffrage universel:

    Un million de grévistes !

    Les Belges réclament le droit de vote pour tous les hommes (et plus tard, pour les femmes).

    Encore des morts, mais une avancée historique : le vote plural, ancêtre du suffrage universel.

    🌹 1932, 1960, 1983… les grèves du siècle:

    1932 : grandes grèves de la sidérurgie.

    1960 : la “grève du siècle” contre la Loi unique (plans d’austérité après la guerre).

    → Les Wallons, menés par André Renard, paralysent le pays.

    → Naît la “conscience wallonne” et le sentiment de fracture Nord-Sud.

    1983 : retour des mouvements syndicaux dans la fonction publique et l’enseignement.

    Chaque fois : blocages, solidarité, humour, autodérision — l’esprit belge en somme.

    🪧 2000–2020 : résistance diffuse:

    Pas de mai 68 à la française, mais des vagues citoyennes : Les manifestations monstres après l’affaire Dutroux (1996)…

    300 000 personnes dans la “marche blanche” : le peuple uni par l’émotion et le dégoût du système.

    Les grèves générales contre les réformes des pensions et de l’énergie.

    Les actions pour le climat, avec des cortèges de jeunes menés par Anuna De Wever.

    Les protests agricoles, hospitaliers, ou des sans-papiers, souvent discrets mais opiniâtres.

    Et, bien sûr, une façon toute belge d’exprimer la colère : par la satire.

    Les dessins de Kroll, les chansons de Brel ou Sttellla, les blagues au second degré, autant d’armes pacifiques, mais redoutables.

    💬 En somme : Les Belges ne dorment pas, ils ronchonnent en silence, puis explosent d’un coup et quand ça part, ce n’est pas du cinéma.

    Leur révolution, c’est souvent celle de la dignité tranquille, du “ça suffit” dit sans cris, mais avec tout le poids d’un peuple.

    et les Français :

    ⚔️ 1789 — La Révolution : Tout commence là.

    La Bastille tombe, non parce qu’elle renfermait beaucoup de prisonniers, mais parce qu’elle symbolisait le mépris des puissants.

    Déjà : des gardes, des charges, du sang.

    Mais aussi une promesse : “Liberté, Égalité, Fraternité” — qui ne cessera d’être réclamée depuis.

    🕯️ 1830 – Les Trois Glorieuses :

    Le peuple de Paris renverse Charles X, dernier roi de France.

    Trois jours d’insurrection, barricades, imprimeries saccagées, drapeaux hissés.

    La presse libre, déjà, est au cœur du combat.

    🔥 1848 – Le Printemps des Peuples : Les ouvriers se révoltent contre la misère et la fermeture des Ateliers nationaux.

    On tire sur le peuple à balles réelles : plus de 3000 morts à Paris.

    Mais naît la Deuxième République… éphémère, mais porteuse d’un idéal social.

    💀 1871 – La Commune de Paris : Peut-être le plus grand écho à Charonne.

    Les Parisiens, exaspérés par la défaite contre la Prusse et l’arrogance du pouvoir, proclament la Commune, un gouvernement populaire et autogéré.

    Résultat : 30 000 morts, fusillés par l’armée française en une semaine.

    Les communards seront plus tard réhabilités par les poètes et les ouvriers.

    🌹 1936 – Le Front populaire : Des grèves joyeuses, des occupations d’usines, des chansons.

    C’est une insurrection pacifique et victorieuse : congés payés, semaine de 40 h, droits syndicaux.

    Une exception rare : le pouvoir cède avant de frapper.

    🩸 1961 – Le massacre du 17 octobre : Encore sous Papon, déjà.

    Des milliers d’Algériens manifestent pacifiquement à Paris contre un couvre-feu raciste.

    La police jette des centaines d’entre eux dans la Seine.

    L’État n’avouera qu’en 1998.

    Renaud connaissait cette histoire aussi.

    ⚰️ 1962 – Charonne : Tu connais maintenant la suite.

    🚩 Mai 68 : Le peuple reprend la parole : étudiants, ouvriers, profs.

    Les pavés volent, les slogans fusent.

    “Sous les pavés, la plage”, “Il est interdit d’interdire”.

    De Gaulle vacille, mais ne tombe pas.

    Beaucoup de rêves, peu de morts… Mais une fracture durable entre générations (qui n’a pas durer).

    🧱 Années 80–90:

    Beaucoup de luttes sociales : Lip, Larzac, sidérurgistes de Longwy, sans-papiers de Saint-Bernard.

    Chaque fois, des matraques pour les uns, des discours de fermeté pour les autres.

    Mais aussi des victoires symboliques, arrachées par la ténacité.

    🔥 1995, 2005, 2016, 2018…

    1995 : la France bloquée contre la réforme Juppé.

    2005 : révoltes dans les banlieues après la mort de Zyed et Bouna.

    2016 : loi Travail et mouvement Nuit Debout.

    2018–2020 : Gilets jaunes, dernier grand cri transversal.

    Toujours la même tension : le peuple qui veut exister, et le pouvoir qui veut le canaliser.

    🧩 Moralité ?

    Ils ne sont qu’un épisode dans une longue conversation inachevée entre la rue et le pouvoir.

    Et à chaque génération, quelques artistes, penseurs ou simples témoins prennent la plume ou la guitare pour dire :

    “Ce n’est pas nouveau… mais ce n’est pas normal non plus.”

    et on continuer a mettre au pouvoir ce que nous-même serions, peut-être , en pire, non ?