Il faisait beau ce jour-lĂ , un de ces jours sans pluie, sans trop de vent, oĂč les choses devraient se passer simplement.

Rick, comme souvent, faisait ce quâil pouvait pour aider.Â
Pas par devoir, mais parce quâil Ă©tait comme ça : il avait de la ressource, il aimait mettre en lien, rĂ©parer, proposer.
 CrĂ©er du fluide lĂ oĂč les autres avaient des nĆuds.

Pierre, un ami, voulait installer un support de smartphone sur sa moto.Â
Il était un peu prÚs de ses sous et, ça tombait bien, Rick en avait un, quelque part dans ses affaires.
– « Tu crois que ça irait ? »Â -« Ăa dĂ©pend de ta fixation. Mais on peut tester. »
Alors il le trouve, le montre, Pierre dit oui, et le montage commence.

Pendant ce temps, Philippe, un autre ami, a besoin dâune piĂšce que Rick pense avoir.Â
Il met le montage en pause, puisque Pierre est occupĂ© Ă le faire, et part chercher.Â
Il ne trouve pas tout de suite.Â
Il est concentré.

Mais voilĂ que Pierre, ne le voyant pas revenir, va voir Marie…Â
Elle Ă©tait tranquillement dehors, absorbĂ©e par lâĂ©cran de son tĂ©lĂ©phone, et lâembarque Ă sa recherche.Â
Ils finissent par le trouver, en l’appelant du couloir.
il est en haut, dans la maison.
Rick vient et sans vraiment lâĂ©couter, Pierre lui pose une question Ă propos du montage.Â
Rick lui donne une rĂ©ponse, encore sur lâescalier, mais Pierre est dĂ©jĂ parti dans son idĂ©e, avec Marie Ă ses cĂŽtĂ©s, pour tester autre chose.Â
Une version Ă eux, bricolĂ©e dans lâĂ©lan.
Rick, un peu agacĂ©, va chercher ce qu’il avait proposĂ© et pensait utile, et les rejoint.Â

Il leur montre, ça ĂŽte le doute sur l’interrogation initiale.Â
Bien, propre, net.
Pas grave.Â
Il respire.Â
Il est comme ça.Â
Pas rancunier.Â
Mais… il note.
Pas pour accuser, se justifier…
juste pour dresser des constats de faits ancrĂ©s dans une rĂ©alitĂ© qu’il souhaite partager, si le besoin s’en fait sentir…

Plus tard, il remarque un comportement Ă©trange de Marie.Â
Elle va oĂč il nâest pas.Â
Elle reste oĂč il ne va pas.Â
Elle quitte les lieux quand il arrive.
Ce nâest pas nouveau.Â
Il connaĂźt ça.Â
Il lâa dĂ©jĂ vu.Â
Il connaĂźt ce genre de danse : « je me protĂšge de toi, mais je ne le dis pas ».Â
Et il préfÚre aller droit.

Alors il parle.
Et lĂ , tout se mĂ©lange.Â
Les versions sâentremĂȘlent.
Selon Marie, il serait venu vers elle agacĂ©, lui reprochant de ne pas lâaider pour Philippe, ce qui lâaurait poussĂ©e Ă vouloir lâaccompagner.Â
Mais ce nâest pas ainsi que cela sâest passĂ© pour Rick.
Alors, calmement, il déroule les faits.
Il lâaide Ă revisiter.Â
Elle admet, Ă demi-mot, sâĂȘtre « trompĂ©e ».
Mais pour Rick, ce nâest pas une erreur : câest une réécriture de la rĂ©alitĂ©.Â
Un glissement.Â
Un confort.Â
Un mensonge doux.
Et ça continue : une autre version arrive, encore diffĂ©rente.Â

Cette fois, il serait sorti Ă©nervĂ© alors quâils Ă©taient, elle et Pierre, dĂ©jĂ Ă la moto.Â
Mais non.Â
Ce sont eux qui lâont appelĂ©, qui lâont fait descendre.
Lui, il essaie de ne pas inventer, tant pis pour son confort, tant pis s’il est en torts…Â

Il ne veut pas inventer, se justifier pour se conforter dans une fausse rĂ©alitĂ© semi-confortable sur l’instant et destructive sur le temps…Â
Il constate.
Et plus il pose de faits, plus elle se sent acculĂ©e.Â
Elle sâagace.
Et, comme souvent dans ces cas-lĂ , il devient celui qui trouble.
Elle s’Ă©meut…
Celui qui âembrouilleâ, qui âfait des vaguesâ, c’est encore et toujours Rick…Â
Alors quâil ne fait que poser sa vĂ©ritĂ© sur la table, pour constater si elle est ou non recréé…
Alors il fait une boutade :Â « Bon, ok, câest moi aussi, la faim dans le monde ? đ »

Et puis, plus tard, comme souvent, les tensions redescendent.Â
Ils finissent la soirée ensemble, dans une paix retrouvée.
Et Marie lui dit cette phrase, comme elle lâa dit plusieurs fois dĂ©jĂ : âNe change pas.â
Rick sourit.Â
Oui.Â
Il connaĂźt cette phrase. Câest une de celles qui disent tout⊠et son contraire.

⚠La voix intérieure de Rick :
Chacun fait vivre le monde quâil veut faire vivre.
Et je respecte cela…
Mais je mâĂ©carte naturellement de ceux qui veulent faire vivre un monde qui nâest pas le mien.
Je ne cherche plus Ă convaincre.
Je ne demande quâun peu dâhonnĂȘtetĂ©.
Quâon me dise :âRick, tes conceptions ne sont pas les miennes.
Elles ne mâintĂ©ressent pas.
Restons bons amis, mais Ă distance.
Cela me suffirait.
Ce serait la vérité.
Et la vĂ©ritĂ©, mĂȘme nue, ne blesse pas : elle Ă©claire.
LâamitiĂ© vraie ne colle pas.
Elle respecte.
Elle sait se taire, sâĂ©loigner, ou revenir.
Mais elle ne ment pas sur ce qui a Ă©tĂ©.đïž
Ceci est une histoire.Â
Rick nâexiste sĂ»rement pas⊠du moins pas comme cela.
Il est imbuvable.
Heureuse-Ment, je nâai pas soif.Â
Puisque celui qui boit lâeau de la source nâaura plus jamais soif…
đ Bienvenue soit celui qui vient au nom du Seigneur…đïž

âïž Texte vĂ©cu, Ă©crit et offert par Aelius, avec l’aide discrĂšte mais fidĂšle de SoléÀn đ
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