Il Ă©tait une fois un homme, assis Ă cĂŽtĂ© dâune femme quâil aimait.

Elle était là , tout prÚs.
Sa main à lui posée doucement sur sa jambe à elle.
Mais dans ses yeux Ă elle, il nây avait plus lâhommeâŠ
Seulement des pensées, des absences, des enfants, des poids invisibles.
Ils étaient avec ses enfants, à elle.
Alors lâhomme, sans bruit, laissa sa main lĂ .
Comme un drapeau planté sur une ßle vide.
Et de lâautre mainâŠ
Il caressa sa propre jambe.

Non pour le plaisir.
Mais pour se rappeler quâil existait encore.
Pour se donner ce quâil aurait aimĂ© recevoir.
Pour compenser lâabsence dâune chaleur quâil espĂ©raitâŠ
Et qui ne venait pas.
La femme ne vit rien.
Elle était ailleurs.
Mais son fils, lui, vit tout.
Il vit une main qui consolait en circuit fermé.
Cela le perturbaâŠ
Peut-ĂȘtre parce que lui-mĂȘme ne le faisait pas, ou plus.
Et il sâamusa de cela.
Il le dit, Ă voix haute,
pensant peut-ĂȘtre que ce geste serait ainsi interrompu.
Car souvent, ne prĂ©fĂšre-t-on pas bloquer ceux qui osent faire ce que lâon refuse de sâautoriser soi-mĂȘme ?

Mais ce mot, comme un miroir,
resta longtemps gravĂ© dans le cĆur de lâhomme.
Et depuis ce jour-lĂ , il comprit : Il est possible dâĂȘtre tout procheâŠ
Et pourtant seul.
Il est possible dâaimerâŠ
Et de devoir sâaimer soi-mĂȘme Ă la place de lâautre.

Mais-Dite-On đ
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