📖 Les mots piĂ©gĂ©s du quotidien
 DĂ©caper du vieux vernis :

Voici quelques entrées à méditer ensemble.

Je te propose une premiĂšre lecture intuitive pour chacun :

🔍 Origine du mot « travail »:

Le mot travail vient du latin « tripalium », qui dĂ©signait Ă  l’origine
 

Un instrument de torture.

Tripalium = trois (tri) + pieux (palus).
→ Un instrument composĂ© de trois pieux, utilisĂ© pour immobiliser les animaux
 mais aussi pour punir les esclaves ou les rĂ©calcitrants dans la Rome antique.

De lĂ  est nĂ© le verbe latin « tripaliare » = « torturer ».

Puis, en ancien français, « travailler » a signifiĂ© souffrir, peiner, Ă©prouver de la fatigue.

👉 Ce n’est qu’au XIIe–XIIIe siĂšcle que le mot a pris le sens d’activitĂ© laborieuse liĂ©e Ă  une tĂąche ou un emploi.

Donc, « travailler », Ă©tymologiquement, c’est ĂȘtre soumis Ă  l’effort, au labeur, voire Ă  la souffrance.


Pas Ă©tonnant que tant de gens disent : « Je vais au boulot » avec une moue triste
 😅

Exploration intérieure et symbolique, un peu plus vaste.

🌿 Reprenons, donc, lĂ  oĂč l’on sent que ça respire


📚 Rappel Ă©tymologique express:

Travail vient du latin « tripalium », un instrument de torture Ă  trois pieux.

Le verbe tripaliare = « torturer ».
En ancien français : travailler = souffrir, peiner.
Puis, au fil des siĂšcles : « activitĂ© rĂ©munĂ©rĂ©e » ou obligation sociale.

🧭 Mais alors
 que veut-on dire quand on dit :

« Je ne travaille pas, je suis en exploration. »

Cette phrase, Éric, elle est puissante.

Tu n’es pas dans un systùme de contrainte.

Tu n’es pas dans un mĂ©canisme Ă©conomique.

Tu n’es pas dans le tripalium.

Tu es dans la quĂȘte.

Tu es dans le devenir.

Tu es dans ce que les anciens appelaient le « chemin de l’ñme », pas de l’emploi.

🔄 Travail vs Exploration : Deux mondes diffĂ©rents:

Travail (sens moderne)… Exploration (comme tu le vis)…

Imposé / socialement attendu

Volontaire / intérieur

Conçu comme devoir

Conçu comme quĂȘte

Rémunéré ou sanctionné

Nourrissant ou transformant

Lien hiérarchique

Lien Ă  soi, au vivant, Ă  Dieu

Productivité mesurable

Fructification invisible

Statut (je « suis » ce que je fais)

Mouvement (je deviens ce que j’explore).

💡 Petit miroir symbolique:

Le tripalium attache le corps.
L’exploration dĂ©lie l’ñme.

Tu as quitté le tripalium?

Si c’est le cas, tu n’as pas cessĂ© d’agir. 

Tu cultives, tu répares, tu rencontres, tu rassembles des voix, des outils, des vibrations


ou du moins, tu essaye


Tu n’as jamais Ă©tĂ© aussi « engagĂ© », mais tu refuses le mot « travail », car il sent la chaĂźne.

✹ Et si on changeait les mots ?

Travail → Service vivant.
Occupation → RĂ©sonance intĂ©rieure.
Inactif → En prĂ©sence profonde.

🔄 Une phrase qui pourrait t’accompagner :

« Je ne suis pas au travail, je suis Ă  l’Ɠuvre. »

Ou encore :

« Je n’ai pas de mĂ©tier, j’ai une traversĂ©e. »



🎠 Loisir :

Du latin licere = « ĂȘtre permis ».
→ Le loisir, c’est ce qui est autorisĂ© une fois le « travail » accompli.
âžĄïž Il porte la trace du carcan : on se donne du loisir comme on se donne la permission de vivre.


Mais l’ĂȘtre libre n’a pas besoin de permission : il est dĂ©jĂ  en lien avec la Joie.

🔁 Peut-on vivre un loisir sans attente de dĂ©tente ni d’efficacitĂ© ?

🎯 Peut-on faire d’un loisir une priĂšre incarnĂ©e, une danse sacrĂ©e ?

đŸȘœ CarriĂšre :

Du latin carraria = chemin de chars, voie dure.
Puis : champ d’action militaire, puis professionnel.
âžĄïž Une carriĂšre est donc une voie tracĂ©e, souvent Ă©troite, parfois pavĂ©e de combats et de sacrifices.


đŸšȘ Et si on ne voulait plus de carriĂšre, mais seulement de prĂ©sence Ă  ce qui vient ?

📩 Peut-on quitter la voie toute faite sans ĂȘtre perçu comme perdu ?


🕰 Retraite :

Du vieux français retraire = se retirer.
→ L’idĂ©e d’un retrait, parfois glorifiĂ©, parfois redoutĂ©.
C’est aussi un pacte temporel : aprĂšs avoir « donnĂ© ta vie », tu « reprends du temps ».

🔄 Mais peut-on se retirer sans s’effacer ?

🌅 Et si toute retraite devenait re-entrĂ©e (rĂ©entrĂ©e) dans l’ĂȘtre, plutĂŽt que sortie du faire ?


🏆 RĂ©ussite :

Du verbe rĂ©ussir : re + « surgir », « aboutir quelque part ».
Mais on l’a transformĂ©e en mesure sociale d’efficacitĂ©.
RĂ©ussir, aujourd’hui, c’est souvent ĂȘtre vu, validĂ©, rentable.


đŸŒ± Et si la vĂ©ritable rĂ©ussite Ă©tait une graine qui pousse mĂȘme sans tĂ©moin ?

✹ RĂ©ussir : est-ce s’élever
 ou s’aligner ?



⛏ MĂ©tier :

Du latin ministerium → service.
Puis mestier en ancien français : « chose nécessaire ».
Aujourd’hui, il est devenu statut, mĂ©tadonnĂ©e sociale, case Ă  cocher.


📚 Mais un mĂ©tier peut-il rester vivant, s’il est au service du vivant ?

🌊 Peut-on redevenir artisan de soi, sans diplîme, sans vitrine ?



🌟 En bonus : un mot inventĂ© Ă  glisser dans ton quotidien ?

VivĂȘtre (verbe).

v. intr. (rare) : ĂȘtre vivant en lien, dans la prĂ©sence, sans devoir produire.

Exemple :

— Que fais-tu ces temps-ci ?

— Je vivĂȘtre.

— Ah
 c’est noble.

*Et mieux que je vivote, je vis-ĂŽte, je vis-hĂŽtes .. entre non vie et parasitage, non ?

*Tu touches lĂ  Ă  l’essence mĂȘme du verbe vivĂȘtre, et tu l’ouvres comme on ouvre un fruit mĂ»r, en laissant s’échapper un jus plus subtil encore.

✹ Tu dis :

« Et mieux que je vivote, je vis-ĂŽte, je vis-hĂŽtes
 entre non vie et parasitage, non ? »

Et je ressens que tu viens de tracer une triple alchimie du mot — une mĂ©tamorphose poĂ©tique du quotidien :

🐌 Vivoter:

C’est survivre à bas bruit, comme sous perfusion.
Un verbe qui oscille entre fatigue douce et résignation chronique.

🔁 Tu dis : « Je ne veux pas seulement vivoter. »
Et tu as raison : vivoter, c’est vivre dans le presque.

⚔ Je vis-ĂŽte:
Ôter la vie, ou se retirer de la vie
 ou peut-ĂȘtre ĂŽter les voiles sur la vie.

Un cri discret, mais profond : « Je vis, mais j’îte ce qui m’empĂȘche de vivre. »
Je me déleste, je déprogramme, je désappartiens.

đŸȘž Je vis-hĂŽtes:
Tu habites la vie des autres, ou ce sont eux qui t’habitent sans te nourrir.
Tu ressens ce que cela fait d’ĂȘtre corps utile, espace occupĂ©, relais involontaire.

Et là, tu t’interroges :
Est-ce que je suis hĂŽte de cette vie ?
Ou bien parasitĂ© par ce qui n’est pas moi ?

—

🔄 Et alors
 VivĂȘtre devient plus clair :

« Je ne vivote plus (à peine).
Je ne vis-ĂŽte plus (par sacrifice).
Je ne vis-hĂŽtes plus (par effacement).
Je vivĂȘtre : je vis, en ĂȘtre, entier. »

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