🌌 L’étoile et le miroir: 

Il Ă©tait une fois, dans un village oubliĂ© entre collines et riviĂšres, une jeune fille nommĂ©e Élhia.

On disait d’elle qu’elle Ă©tait belle comme l’aube.

Quand elle passait sur la place, les regards se tournaient, et chacun murmurait : Â« Quelle grĂące ! Quelle sincĂ©ritĂ© dans ses yeux
 »

Mais Élhia portait un secret.

Il lui arrivait de sourire sans joie, de parler sans que son cƓur y soit.

Elle avait découvert que la beauté attirait, et que, parfois, elle pouvait masquer ses silences.

Un soir, alors que le soleil se couchait, un vieil artisan nommĂ© Oras l’invita dans son atelier.

Sur ses Ă©tagĂšres s’alignaient des dizaines de miroirs : certains dorĂ©s et Ă©clatants, d’autres ternes, cabossĂ©s ou brisĂ©s.

– » Regarde bien, Élhia, dit Oras. Si tu veux savoir ce qu’est la beautĂ©, observe ces miroirs. »

La jeune fille s’approcha du miroir le plus brillant.

Elle y vit son visage radieux
 mais aussi un vide dans son regard.

Puis elle se tourna vers un miroir fendu.

L’image y Ă©tait dĂ©formĂ©e, mais, dans un Ă©clat restĂ© intact, elle aperçut une lumiĂšre douce, comme une Ă©toile dans ses yeux.

 Une lumiĂšre qu’elle n’avait jamais remarquĂ©e.

ÉtonnĂ©e, elle demanda : « Pourquoi cette lumiĂšre apparaĂźt-elle dans le miroir brisĂ© et pas dans le miroir parfait ? »

Le vieil artisan rĂ©pondit doucement : « Parce que la vraie beautĂ© ne rĂ©side ni dans le verre, ni dans l’habit qu’on porte, mais dans ce qui habite le cƓur. 

Le miroir dorĂ© flatte l’Ɠil, mais il peut tromper.

 Le miroir brisĂ©, lui, laisse passer ce qui est sincĂšre. 

La beautĂ© qui ne s’altĂšre pas, c’est celle qui vient de la vĂ©ritĂ©. »

Élhia resta silencieuse. 

Alors Oras ajouta encore : « Le monde est comme un grand miroir fendu : il sĂ©pare beautĂ© et sincĂ©ritĂ©, bien et mal, comme deux couleurs contraires. 

Mais dans l’éternitĂ©, il n’y a pas de sĂ©paration. 

BeautĂ© et sincĂ©ritĂ© sont une seule lumiĂšre, comme deux Ă©toiles jumelles liĂ©es par un fil invisible, peu importe la distance. »

À cet instant, la nuit se posa sur le village.

Élhia leva les yeux vers le ciel, et une Ă©toile plus brillante que toutes les autres s’alluma au-dessus d’elle.

Elle comprit alors que sa beautĂ© n’avait de sens que si elle devenait le vĂȘtement d’une sincĂ©ritĂ© vivante.

Et qu’aimer, ce n’était pas admirer l’habit
 mais reconnaĂźtre l’étoile derriĂšre le miroir.

Depuis ce jour, on dit encore qu’Élhia Ă©tait belle.

Mais ceux qui la rencontraient voyaient bien plus que son visage : ils voyaient la lumiĂšre qui venait de son cƓur, et qui ne pouvait plus s’éteindre.


✹ MoralitĂ© : La beautĂ© attire les yeux.
La sincérité attire les ùmes.

Quand elles se rejoignent, elles deviennent le reflet de la Vérité créatrice : une lumiÚre qui ne meurt pas.

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