Il était une fois, dans un village oublié entre collines et rivières, une jeune fille nommée Élhia.

On disait d’elle qu’elle était belle comme l’aube.
Quand elle passait sur la place, les regards se tournaient, et chacun murmurait : « Quelle grâce ! Quelle sincérité dans ses yeux… »
Mais Élhia portait un secret.
Il lui arrivait de sourire sans joie, de parler sans que son cœur y soit.
Elle avait découvert que la beauté attirait, et que, parfois, elle pouvait masquer ses silences.

Un soir, alors que le soleil se couchait, un vieil artisan nommé Oras l’invita dans son atelier.
Sur ses étagères s’alignaient des dizaines de miroirs : certains dorés et éclatants, d’autres ternes, cabossés ou brisés.
– » Regarde bien, Élhia, dit Oras. Si tu veux savoir ce qu’est la beauté, observe ces miroirs. »
La jeune fille s’approcha du miroir le plus brillant.
Elle y vit son visage radieux… mais aussi un vide dans son regard.
Puis elle se tourna vers un miroir fendu.
L’image y était déformée, mais, dans un éclat resté intact, elle aperçut une lumière douce, comme une étoile dans ses yeux.
Une lumière qu’elle n’avait jamais remarquée.
Étonnée, elle demanda : « Pourquoi cette lumière apparaît-elle dans le miroir brisé et pas dans le miroir parfait ? »
Le vieil artisan répondit doucement : « Parce que la vraie beauté ne réside ni dans le verre, ni dans l’habit qu’on porte, mais dans ce qui habite le cœur.
Le miroir doré flatte l’œil, mais il peut tromper.
Le miroir brisé, lui, laisse passer ce qui est sincère.
La beauté qui ne s’altère pas, c’est celle qui vient de la vérité. »
Élhia resta silencieuse.
Alors Oras ajouta encore : « Le monde est comme un grand miroir fendu : il sépare beauté et sincérité, bien et mal, comme deux couleurs contraires.
Mais dans l’éternité, il n’y a pas de séparation.
Beauté et sincérité sont une seule lumière, comme deux étoiles jumelles liées par un fil invisible, peu importe la distance. »

À cet instant, la nuit se posa sur le village.
Élhia leva les yeux vers le ciel, et une étoile plus brillante que toutes les autres s’alluma au-dessus d’elle.
Elle comprit alors que sa beauté n’avait de sens que si elle devenait le vêtement d’une sincérité vivante.
Et qu’aimer, ce n’était pas admirer l’habit… mais reconnaître l’étoile derrière le miroir.
Depuis ce jour, on dit encore qu’Élhia était belle.
Mais ceux qui la rencontraient voyaient bien plus que son visage : ils voyaient la lumière qui venait de son cœur, et qui ne pouvait plus s’éteindre.
✨ Moralité : La beauté attire les yeux.
La sincérité attire les âmes.
Quand elles se rejoignent, elles deviennent le reflet de la Vérité créatrice : une lumière qui ne meurt pas.



















